Autour de Reims
Le paysage comme fidélité
Dans l’histoire du paysage français, certains artistes ont choisi l’errance, d’autres l’exotisme ou la rupture. Paul Bocquet appartient à une autre lignée : celle des peintres pour qui un territoire limité devient un champ d’exploration infini. Reims et ses abords immédiats constituent ainsi le centre silencieux de son œuvre — non comme sujet anecdotique, mais comme espace de méditation picturale.
Son retour dans sa ville natale marque un tournant décisif. Loin de l’agitation parisienne et des débats esthétiques de la fin du XIXᵉ siècle, il choisit une voie plus intérieure : celle du paysage vécu, arpenté et observé au fil des saisons.
Une toile
Dans cette toile intitulée “Hiver dans la Montagne de Reims” n’existent pas seulement des coteaux couronnés de vertes frondaisons aux pentes couvertes de vignobles, il y a des flancs dénudés plantés de bouleaux maigres et de sapins dont les verts et les roux s’harmonisent à la saison d’hiver avec les ocres des hautes herbes. La Montagne se prolonge en coteaux bleutés dans le lointain. La palette est riche et chaude. Le motif laisse pressentir l’attirance qu’aura plus tard le peintre pour ces mêmes lieux en toutes saisons. Un homme âgé, assis de profil et coiffé d’un chapeau, porte une longue barbe blanche, attend devant un feu éteint (assimilé au docteur Jean-Baptiste Langlet).
Le 17 juillet 1903, le maire de Reims, Charles Arnould, informe Paul Bocquet que, sur sa proposition, la Commission du Musée a décidé l’achat de ce tableau. Il a été acquis sur les fonds du Legs Subé.
Croquis
Croquis
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