Autour de Reims

Le paysage comme fidélité

Dans l’histoire du paysage français, certains artistes ont choisi l’errance, d’autres l’exotisme ou la rupture. Paul Bocquet appartient à une autre lignée : celle des peintres pour qui un territoire limité devient un champ d’exploration infini. Reims et ses abords immédiats constituent ainsi le centre silencieux de son œuvre — non comme sujet anecdotique, mais comme espace de méditation picturale.

Son retour dans sa ville natale marque un tournant décisif. Loin de l’agitation parisienne et des débats esthétiques de la fin du XIXᵉ siècle, il choisit une voie plus intérieure : celle du paysage vécu, arpenté et observé au fil des saisons.

Reims, 1929
Temps d'orage près de Courlancy, 1901 ou 1941 (Huile sur toile, 46,3 x 55,2 cm)
Rue de la Bonne Femme, Feaubourg Flechambeau à Reims, 1906
L'Hiver dans la montagne de Reims, 1903 (Huile sur toile, 89 x 116 cm)

L'Hiver dans la montagne de Reims, 1903

(Huile sur toile, 89 x 116 cm)

Dans cette toile intitulée “Hiver dans la Montagne de Reims” n’existent pas seulement des coteaux couronnés de vertes frondaisons aux pentes couvertes de vignobles, il y a des flancs dénudés plantés de bouleaux maigres et de sapins dont les verts et les roux s’harmonisent à la saison d’hiver avec les ocres des hautes herbes. La Montagne se prolonge en coteaux bleutés dans le lointain. La palette est riche et chaude. Le motif laisse pressentir l’attirance qu’aura plus tard le peintre pour ces mêmes lieux en toutes saisons. Un homme âgé, assis de profil et coiffé d’un chapeau, porte une longue barbe blanche, attend devant un feu éteint (assimilé au docteur Jean-Baptiste Langlet).

Le 17 juillet 1903, le maire de Reims, Charles Arnould, informe Paul Bocquet que, sur sa proposition, la Commission du Musée a décidé l’achat de ce tableau. Il a été acquis sur les fonds du Legs Subé.

Vue de Reims du coté du bois d'amour, 1929 (Huile sur toile)
Reims, 1929
Près de Reims, 1919 (Huile sur toile)