La Bretagne
Les années de formation et la découverte de l’horizon marin
Entre 1888 et 1897, alors qu’il vit principalement à Paris, Paul Bocquet partage son temps entre la capitale, des retours à la campagne pendant l’hiver et plusieurs séjours estivaux en Bretagne. À cette époque, la région attire déjà quelques artistes en quête de paysages nouveaux et d’une lumière différente. Mais ces voyages restent encore relativement rares. En 1889, par exemple, Paul Gauguin travaille au Pouldu ; les grandes colonies artistiques bretonnes ne se développeront pleinement que dans les années suivantes.
Entre 1888 et 1897, alors qu’il vit principalement à Paris, Paul Bocquet partage son temps entre la capitale, des retours à la campagne pendant l’hiver et plusieurs séjours estivaux en Bretagne. À cette époque, la région attire déjà quelques artistes en quête de paysages nouveaux et d’une lumière différente. Mais ces voyages restent encore relativement rares. En 1889, par exemple, Paul Gauguin travaille au Pouldu ; les grandes colonies artistiques bretonnes ne se développeront pleinement que dans les années suivantes.
On y trouve grand calme et une nature délicieuse qui vous font oublier les misères de la guerre
– Paul à son oncle et père adoptif Jean-Baptiste Langlet.
Un voyage fondateur en 1892
En août 1892, Paul Bocquet entreprend un voyage en Bretagne avec son ami Georges Vincent. Dans ses lettres, il exprime un enthousiasme très vif pour la nature bretonne et pour les possibilités picturales qu’elle lui offre. Il y travaille intensément, réalisant de nombreuses études, aquarelles et toiles.
Ces paysages maritimes l’amènent à renouveler sa palette. La présence de la mer et du ciel élargit son regard et introduit des tonalités plus vibrantes dans sa peinture. Les motifs qu’il choisit restent simples : rochers, grèves, barques, horizons lumineux ou scènes de la vie quotidienne du littoral. Son approche reste fidèle à une sensibilité proche de l’impressionnisme, attentive à l’impression directe et aux nuances fugitives de la lumière.
Les études de Ploumanac’h et la recherche du motif
Les études réalisées à Ploumanac’h témoignent cependant d’une certaine hésitation artistique. Bocquet évoque lui-même dans ses lettres la difficulté de saisir toutes les variations du paysage marin : la lumière change rapidement, les formes se transforment avec les marées et l’horizon semble toujours différent.
Cette période correspond pour lui à un moment d’apprentissage. Entre les études de rochers dans la lande ou les barques au repos sur la grève, certaines œuvres demeurent encore des recherches. Mais plusieurs tableaux importants naissent également de ce séjour, révélant déjà sa sensibilité aux harmonies colorées et à l’atmosphère poétique des paysages maritimes.
Vieil Intérieur de Cour à Erquy
Cette toile fut exposée au Salon de la Nationale avec deux autres, grâce auxquelles, Paul Bocquet fut nommé membre associé. Cette toile fut donc pour le peintre une date dans sa carrière. Intitulée “Vieil Intérieur de Cour à Erquy “, cette toile est reproduite dans le catalogue du Salon de 1893 (image ci-contre).
Il s’agit d’une vieille cour bretonne avec un porche, un escalier qui accède à une pauvre maison de pêcheur bâtie en granit de ce gris sombre si particulier à la Bretagne, au toit de chaume, enfoncée entre deux pans de mur. Le motif est animé par une femme sombrement vêtue, assise sur le perron en haut de l’escalier, un chat blanc sur une marche, des oies dans la cour. Pas de ciel mais du soleil grâce à des taches de lumière bien réparties sur le chaume du toit et le pan de mur à droite. L’ensemble est traité dans des tons violacés par petites touches, très nuancées, dans une enveloppe générale qui s’est révélée d’une vérité et d’une poésie si particulière, et qui est venue avec tant de spontanéité, que l’artiste disait en avoir été lui-même étonné. C’est pourquoi il ne voulut jamais s’en dessaisir, car elle lui rappelait un état d’âme très exceptionnel.
Les études de Saint-Briac (1894)
Deux ans plus tard, en août 1894, Paul Bocquet retourne en Bretagne et réalise de nouvelles études à Saint-Briac. Sa peinture semble alors évoluer vers une plus grande simplicité du motif. Il se concentre sur les éléments essentiels du paysage : la grève, les rochers et le ciel.
Cette simplification marque une étape importante dans sa recherche artistique. Les compositions deviennent plus épurées et la peinture se concentre davantage sur les variations de lumière et les accords de tons. Cette sensibilité aux nuances atmosphériques se retrouvera plus tard dans ses paysages de Champagne.








