Villers-Allerand

Les paysages de la Montagne de Reims

Situé au sud de Reims, sur les pentes de la Montagne de Reims, le village de Villers-Allerand appartient au territoire champenois que Paul Bocquet parcourt régulièrement tout au long de sa vie. Ce paysage, très différent des plaines de Togny ou des vallées du Soissonnais, lui offre un motif plus accidenté, où les coteaux, les vignes et les bois composent des plans successifs baignés d’une lumière claire.

Dans cette région, la nature se présente sous une forme plus structurée :
les chemins montent entre les talus, les vergers et les vignes, les maisons se groupent au pied des coteaux, et les lisières de la forêt découpent des silhouettes sombres sur le ciel. Ces contrastes permettent au peintre de travailler des compositions plus construites, où l’équilibre des masses joue un rôle essentiel.

Bocquet revient souvent dans ce secteur, attiré par la variété des saisons et par la qualité particulière de la lumière sur ces hauteurs. La Montagne de Reims, avec ses terrains crayeux, ses bois et ses vignobles, lui offre des accords de tons subtils, où les gris, les verts et les ocres se répondent avec douceur.


Grimonvillers en Loraine, 1903 (Huile sur toile)
Villers-Allerand en fin d'été, 1937 (Huile sur toile)
Villers-Allerand, 1923 (Huile sur toile)

Un paysage de lumière et d’atmosphère

Dans les toiles représentant Villers-Allerand et ses environs, le motif n’est jamais traité de façon spectaculaire. L’artiste choisit des points de vue simples :
un chemin montant vers le village, une lisière de bois, une prairie bordée d’arbres, ou une vue sur les coteaux.

La lumière y joue un rôle essentiel.
Souvent diffuse, parfois légèrement voilée, elle enveloppe le paysage plutôt qu’elle ne l’éclaire directement. Cette manière de traduire l’atmosphère rapproche Bocquet de la tradition des paysagistes naturalistes, tout en conservant une sensibilité très personnelle, fondée sur la fidélité au motif et sur la recherche d’harmonie.

Comme dans ses paysages de la Vesle ou de la Guenelle, il revient à Villers-Allerand à différentes saisons. Certaines toiles montrent les coteaux sous une lumière froide d’hiver, d’autres dans les tons chauds de l’automne, ou dans la clarté légère du printemps. Cette répétition du motif lui permet d’approfondir son observation et d’affiner sa palette.

Bouleaux en sous-bois Villers-Allerand, 1910 (Huile sur toile, 33 x 41 cm)
Vue du village de Villers-Allerand, 1914 (Huile sur toile, 32 x 41 cm)
Villers-Allerand, 1904 (Huile sur toile, 40 x 33cm)

Villers-Allerand, coteaux de la Montagne de Reims

Parmi les toiles consacrées à Villers-Allerand, plusieurs montrent les chemins et les coteaux dominant le village, avec leurs lisières de bois et leurs cultures en pente. La composition s’organise souvent autour d’un premier plan sombre — talus, arbres ou chemin — qui ouvre la vue vers les plans plus clairs du paysage.

Cette construction, fréquente chez Bocquet, permet de donner de la profondeur à des motifs simples et de faire jouer les contrastes entre ombre et lumière. Les tons restent mesurés : verts adoucis, terres ocres, ciel légèrement grisé. L’ensemble produit une impression de calme et d’équilibre, caractéristique de sa manière.

Ces vues de Villers-Allerand comptent parmi les paysages les plus représentatifs de sa peinture champenoise.
Elles montrent un artiste fidèle à son territoire, attentif aux variations de la nature, et capable de renouveler sans cesse son regard sur des lieux qu’il connaît depuis longtemps.

Villers-Allerand, 1927 (Huile sur toile)
Mont Joly à Villers-Allerand, 1931 (Huile sur toile, 74 x 36 cm)

Un territoire proche de Reims

La proximité de Villers-Allerand avec Reims explique aussi la fréquence de ces paysages dans son œuvre.
L’artiste peut s’y rendre facilement, comme il le fait le long de la Vesle ou dans la campagne environnante. Cette facilité d’accès favorise un travail régulier, presque quotidien, qui correspond à sa méthode : peindre sur le motif, revenir au même endroit, observer les changements de lumière.

Dans ces paysages de la Montagne de Reims, Bocquet retrouve un équilibre entre la simplicité des motifs champenois et la richesse des effets atmosphériques. Les coteaux, les bois et les chemins offrent une variété de formes qui enrichit sa peinture sans rompre avec son goût pour les sujets familiers.

Villers-Allerand, 1906
L'église de Villers Allerand à l'automne, 1925 (Huile sur carton, 17 x 23 cm)
Villers-Allerand depuis le mont Joly, vers 1930 (Huile sur panneau, 14 x 17,5 cm)
Villers-Allerand en automne, 1924 (Huile sur toile, 53.5 x 73 cm)
Villers Allerand, 1933, Huile sur toile
Villers-Allerand, 1906 (55 x 46 cm)
Vue du clocher de Villers-Allerand, 1899 (Huile sur toile, 60 x 81 cm)
Vue de Villers-Allerand en automne, 1932 (Huile sur toile)
Allée en forêt de Fontainebleau en automne
Les bouleaux en forêt de Fontainebleau, 1920