Suivez le guide

 » … L�Hiver dans la Montagne de Reims est dat� de 1903. Lors de son acquisition par le mus�e de Reims, le critique Georges Perin �crit dans L’Eclaireur de l’Est : � Paul Bocquet garde une toute particuli�re tendresse aux gris fins de l’hiver qu’il rend avec une l�g�ret� exquise. Son Hiver dans la Montagne de Reims est a�r�, � la fois large et d�licat ; le village lointain, qu’on aper�oit entre les branches mortes, respire une douceur charmante, et la subtilit� du jour �pars tombe sur ce coin de Champagne, g�n�reuse et blonde comme le vin dans les coupes �. Le village vers lequel s’inclinent les bouleaux est celui de Villers-Allerand, qu’il peignait depuis le Mont-Joli… »

 » … Ce Mont-Joli qui voit Villers-Allerand � ses pieds et qui embrasse du regard Reims et sa cath�drale. Il y �tait attendu par une famille de bouleaux, pour laquelle il avait une particuli�re tendresse et qui semblait le lui rendre � son arriv�e par le fr�missement de ses feuilles.

Il f�tait leur bourgeonnement, s’�mouvait � leur d�clin. Il se plaisait � retrouver dans leurs teintes automnales la parure de leur printemps. Il consignait jusqu’aux variations de leurs nuances d’une ann�e � l’autre, suivant que l’automne �tait chaud ou souffrait d’une gel�e pr�coce. Son oeuvre poursuivait ses renouvellements au gr� de notre ciel lumineux et mouvant, parmi les jeux de l’azur et des nuages.

Maintenant que ce spectateur exemplaire n’est plus, ceux qui feront la courte ascension du Mont-Joli devront se recueillir en cette sorte d’observatoire o� le plus sympathique de nos peintres a si ardemment communi� avec notre lumi�re de Champagne … ». Extrait de « La vie et l’oeuvre de Paul Bocquet » de Ren� Druart, Avril 1950.

« … Le Mont-Joli (274 m) domine le nord de la Montagne de Reims et tourne le dos � la Marne qui s’�coule au sud. Cette bosse tr�s bois�e s’�l�ve entre Reims et Epernay ; elle est aujourd’hui un parc r�gional fr�quent� par les amoureux de la nature. Le chemin de grande randonn�e n� 141 passe au sommet du Mont-Joli, mais les marcheurs conquis par le paysage ignorent que ses beaut�s nous ont �t� r�v�l�es, un si�cle plus t�t, par le peintre Paul Bocquet… ».

Extrait de « Autour de l’Impressionnisme : les peintres de la vall�e de la Marne » de No�l Coret.

Le Paysage champenois

« … Le Paysage champenois (1935 – Mus�e des Beaux-arts, Reims) fut probablement ex�cut� depuis le bois d’Amour, non loin de sa demeure, dans les mar�cages aliment�s par la Vesle. L’incroyable finesse du dessin, la puret� de l’atmosph�re, les lignes parfaitement �quilibr�es qui rythment et construisent une vision sch�matique de l’espace, la limitation des couleurs… tous ces �l�ments intensifient la valeur po�tique du paysage dont la force de suggestion est comparable aux peintures japonaises d’Hiroshige. Une bande imaginaire et verticale coupe le tableau en deux parties sym�triques et se fraie un chemin rectiligne jusque l’horizon. Les bouleaux du premier plan, les arbres du second, ceux du troisi�me… tous s’�cartent pour amener le regard � l’endroit pr�cis voulu par le peintre : la cath�drale. Les arbres entourent la retenue d’eau de leurs squelettes �lanc�s et cis�lent une couronne bleue dont la cath�drale Saint-Remi est le joyau … ».

Extrait de « Autour de l’Impressionnisme : les peintres de la vall�e de la Marne » de No�l Coret.

 

L’influence de l’impressionnisme …


La Guenelle en hiver – 1899

 » … L’influence qui pr�valut chez Paul Bocquet est celle des impressionnistes. Il leur doit en partie sa couleur, sa facture, et surtout sa vision.

Par eux, il apprit que pour le peintre, les formes n’ont d’autre r�alit� que celle que leur pr�te la lumi�re. L’�clairage d’un objet et l’atmosph�re dans laquelle il baigne peuvent en modifier tr�s sensiblement le dessin, proc�der m�me � son escamotage. Quant � sa couleur, elle est si sensible aux m�mes ph�nom�nes qu’elle peut changer du tout au tout. Dans ces conditions, l’objet importe moins que l’aspect sous lequel il se pr�sente.

Pour rendre plus saisissante cette d�monstration, l�impressionniste a deux moyens: ou bien, par une sorte de jans�nisme, choisir pour support de son oeuvre un sujet consid�r� comme ingrat et sans beaut� (le premier tournant de rue venue, un coin quelconque de campagne), ou bien, plus coquet du d�cor, s’y attacher � travers la dur�e et en multiplier les repr�sentations au cours de ses multiples variations.

Paul Bocquet a utilis� les deux m�thodes. Ses pr�f�rences se port�rent d’abord sur l’humble sujet : une masure, une courette, un ruisseau, la lande bretonne, le bord de la mer, la plaine champenoise, un d�tour de rivi�re, dont il fit en magicien ressortir les ressources f�eriques. Plus tard, son horizon s’agrandit et en m�me temps se remplit, mais il jugea inutile de le diversifier … »

 

Extrait de « La vie et l’oeuvre de Paul Bocquet » de Ren� Druart. Imprimeries Debar & Cie, Reims, avril 1950.

Edition num�rot�e de 1 � 1000. Document consultable � la Biblioth�que municipale Carnegie de Reims et au mus�e

Saint Denis de Reims.